lundi 28 mai 2007

Et maintenant un extrait un peu plus long...

Quand la commissaire Valestria se fait affranchir par un informateur de la situation délicate dans laquelle elle patauge...

— Vous avez raison, pardonnez moi… je vais vous les donner, mais je vous prie, abandonnez votre cuirasse pragmatique.
— Difficile…
— Faites-le. C'est essentiel pour nous faire gagner du temps.
— Continuez.
— Les factions liées à l'affaire des Menines sont Mazarin et ses Bourbons, le Comte Duc d'Olivares allié aux Conquistadores et enfin les Familiers, avec pour chef Sotomayor, le Grand Inquisiteur. Tous disposent d'une terrible armée de mercenaires, prête à assassiner père et mère pour faire triompher leur cause. Mazarin, sous des dehors affables, est comme le savent trop bien les Espagnols, un personnage redoutable qui n'a rien à envier à son aîné et Maître, Richelieu. Son éminence reste persuadée que l'Infante Marie Thérèse, Reine de France par son mariage avec Louis XIV, figurait à l'origine sur le chef-d'œuvre des Menines.
— Pourtant, elle n'y a jamais été présente !
— Je n'entrerai pas dans cette polémique, c'est bien trop compliqué. Cependant, le fait est qu'un doute subsistera toujours tant qu'on n'aura pas retrouvé le mystérieux tableau.
— Arrêtez de raconter des sottises voyons ! Comment pourrait-on retrouver ce tableau, puisque vous semblez savoir aussi bien que moi qu'il n'a pas été volé ! Que seule une partie a été effacée !Le nain sourit comme un maître d'école lassé par la stupidité de son élève.
— Commissaire, comment pouvez-vous croire à cette fable ? Allons, réfléchissez… Pourquoi cet individu aurait-il pris le risque d'effacer ce chef-d'œuvre avec autant de précautions, simplement pour le vandaliser. Rendez-vous compte seulement du temps nécessaire pour réaliser un travail aussi méticuleux ?
— J'ai pensé qu'il pouvait exister un détachant puissant, non ?
— Ce n'était que pour vous rassurer, n'est-ce pas ?
— Admettons… et alors ?
— Alors ? J'ai la conviction que ce qui intéresse le commanditaire de cet acte est justement ce mystérieux tableau. Il n'a par conséquent jamais été effacé, mais bel et bien volé.
— Absurde ! Il n'a pas été volé.
— C'est votre vision des choses. Elle est fausse.
— Et que deviennent les personnages dans tout ça ?
— Ils ont été sans doute contraints de suivre les voleurs.
— Vous divaguez mon cher… ! Vous essayez de me faire croire que les personnages peints seraient doués de vie ?
— Ne soyez pas si cartésienne. La réalité n'a rien à voir ici. Tout ce qui gravite autour d'un chef-d'œuvre touche à l'immortel. Et qui dit immortalité, dit aussi irrationnel… A trop vouloir comprendre l'impossible, vous risquez de perdre la tête. Restez donc dans ce qui vous est accessible, je vous en conjure.
— Quoi par exemple ?
— À votre capacité à faire confiance aux autres et en l'occurrence, à moi en particulier ; car en la circonstance, si vous voulez avoir une chance de récupérer le mystérieux tableau, vous devrez en passer par là. Quelqu'un doit vous conduire de l'autre côté du miroir. La réalité vous aveugle. Depuis le jour où j'ai compris le dessein de Sotomayor, sa volonté de vouloir détruire l'œuvre cachée, j'ai décidé de vous aider. Je suis ici pour ça.
— À supposer que tout ceci appartienne à une autre réalité, pour quelle raison faites-vous cela ?
— Parce que sans le mystérieux tableau, le chef-d'œuvre des Menines n'existera plus. Et c'est ce que veut Sotomayor. Vous seule pouvez rétablir la réalité.
— C'est insensé…